Article de LOUIS-GILLES FRANCOEUR dans Le devoir, Édition du vendredi 14 mars 2008
L’hiver en cours n’est pas facile pour nos cerfs de Virginie. Les épaisseurs de neige exceptionnelles dans la plupart des régions laissent entrevoir la possibilité de forts taux de mortalité — de 30 à 40 % certains gros hivers –, beaucoup plus élevés qu’au cours des dernières années, alors que nos chevreuils ont bénéficié d’hivers très doux. Dans plusieurs régions, en effet, l’enneigement au sol était si faible qu’on a parfois vu les chevreuils cesser de se regrouper en ravages parce qu’ils avaient accès à suffisamment de nourriture.
Ce réchauffement, qui a permis un accroissement notable des populations dans des régions nordiques désormais plus clémentes comme le Saguenay et l’Abitibi, ne joue pas cette année. Nous sommes en effet revenus, ce qui était prévisible en cette année La Niña, à un dur hiver d’antan. Personne ne peut dire exactement quel sera l’impact de cet enneigement sur nos populations de cervidés, passées d’environ 75 000 à 250 000 têtes sur le territoire continental en moins de deux décennies en raison du réchauffement climatique. Et la récolte a suivi dans la même proportion, passant d’une dizaine de milliers à plus de 50 000 bêtes par année.
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